Journaliste, dégage !

A Notre-Dame-des-Landes, lors de la manifestation du 17 novembre 2012.

A Notre-Dame-des-Landes, lors de la manifestation du 17 novembre 2012.

Les jours se suivent et se ressemblent à Notre-Dame-des-Landes : les gardes mobiles harcèlent les « Occupants » de la ZAD, et une minorité de zadistes harcèle les journalistes. Cette minorité, certes minoritaire, n’en est pas moins résolument pénible et menaçante à l’égard de la presse. Ou d’autres, d’ailleurs. Un camarade me racontait comment son organisation libertaire s’était faite sortir manu militari d’un cortège, car aucune récupération ne serait tolérée ! J’ai pourtant le sentiment que l’opposition au projet d’aéroport est discrètement récupérée par quelques illuminés. Ou des provocateurs infiltrés. Mais passons…

Les bons jours, ce sont des avertissements écrits. Comme sur la photo de Romain Beurrier, ci-dessus. Avec au passage un bel exemple de novlangue, puisque « nos propres médias » se dit en français « nos chargés de communication ». Si si. Comment pourrait-on être à la fois acteur et témoin ? Un petit rappel de la charte de Munich : « Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs. »

Passons sur les journalistes désignés sur ce panneau comme des collaborateurs du pouvoir et du système. C’est grosso modo un raccourci équivalent à voir en chaque libertaire ou écologiste un terroriste. Bravo pour la profondeur du propos, à la hauteur d’une ouverture d’un journal de TF1 !

Passons également sur le côté Pieds nickelés des plus radicaux. Ce tweet de Gaspard Glanz, de RennesTV, en dit long :

Passons, enfin, sur les zadistes devenant voyagistes et organisateurs de visites dans le bocage nantais, de 11h00 à 11h30, pour que les photographes puissent prendre quelques photos des nouvelles constructions. No comment !

Tout ça, c’est pour les bons jours…

Et les mauvais ?

Eh bien, voilà :

Juste une question, que je crois avoir déjà posé, mais peut-être pas assez clairement : à qui va profiter l’absence de témoins ? qui donc va se réjouir du départ des journalistes de la ZAD pour finir le sale boulot ?

Je me le demande…

► Lire aussi :

Journaliste, passe ton chemin ! (22/11/2012)

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2 réflexions sur “Journaliste, dégage !

  1. A.D. dit :

    « J’ai pourtant le sentiment que l’opposition au projet d’aéroport est discrètement récupérée par quelques illuminés. Ou des provocateurs infiltrés. Mais passons… »
    Oh là, mais non ne passez pas : c’est ce genre de phrase, ce style de pensée (policière) qui ne peut que confirmer le bien fondé de la suspicion à l’encontre de vos activités professionnelles. Vous ne dites pas qui sont ces « illuminés », mais cela sent l’autonome, l’anarcho-autonome, plus précisément : des anarcho-autonomes cet automne à NDDL, cool, non ? Des provocateurs infiltrés, dites nous tout, en fait rien, vous n’en savez rien : des policiers en civil dans les luttes, c’est nouveau ?
    Si vous voulez être respecté – en tant que journaliste, par exemple -, il est mal venu de qualifier d’illuminés ou ce style de commentaire démagogique, c’est-à-dire que ces insinuations ne font que confirmer le peu de confiance que l’on vous doit.

  2. Xavier dit :

    Et non, être autonome ou anarchiste n’a jamais signifié pour moi être illuminé. Je pense plutôt à ceux qui s’inquiètent d’être reconnus aux phalanges dépassant des doigts mais qui se baladent avec des smartphones dans les poches. Ou à l’exemple de Gaspard Glanz. Ou encore à ceci, rapporté par un ami :

    « Une femme disait devoir brûler ses baskets parce qu’elles avaient été prises en photo !!! Mélange stupéfiant de paranoïa et de naïveté : à 20 mètres, il y avait un garde mobile avec un 400mm… Comme si les flics, avec leur matos et leurs probables infiltrés, avaient besoin de nous pour choper des infos… »

    Oui, je pense que dans ce cas-là, la demoiselle en question est soit totalement illuminée, soit dans une démarche visant à diviser – un classique du genre, vous en conviendrez ! J’ai tendance à penser que les zadistes les plus anciens commencent à être envahis par des groupes qui se disent autonomes mais ne le sont pas. « Infiltrados », dirait-on en Espagne, car certains témoignages sont troublants…

    Mais, d’ailleurs, n’ai-je pas lu qu’on avait repéré une dizaine de gendarmes infiltrés sur une barricade, tout de boue vêtus ? Étonnant, non ? Une fois encore, les flics ne se cachait pas parmi les journalistes, mais parmi les manifestants. Et les camarades photographes qui auraient pu être là pour en témoigner avaient été invités à partir, quel dommage !

    Quant à la confiance et au respect, on les trouve avec toutes sortes de militants, y compris dans des pays autoritaires où les risques qu’ils encourent sont largement plus importants qu’en France. C’est à se demander pourquoi on arrive à travailler avec de tels bonshommes…

    P.S. : au passage, vous noterez qu’une ligne avant le propos que vous citez, je déplorais que des amis libertaires se fassent sortir. Ce qui en dit long sur mon aversion pour eux !

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