Archives Mensuelles: avril 2013

Grândola, vila morena

Mur de Grândola en hommage à la chanson de Zeca Afonso, pour les 25 ans de la Révolution des œillets

Mur de Grândola en hommage à la chanson de Zeca Afonso, pour les vingt-cinq ans de la Révolution des Œillets.

O povo é quem mais ordena… Seul le peuple ordonne… Des mots extraits de la célèbre chanson de Zeca Afonso, Grândola, vila morena, qui est au Portugal ce que L’Estaca est à la Catalogne : un chant de résistance et de fraternité, celui des habitants de la petite ville de Grândola. Mais surtout, c’est le signal de départ de la Révolution des Œillets, lors de sa diffusion à la Radio Renascença, le 25 avril 1974 à minuit quinze.

Extraits :

Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti, ó cidade.
(…) Lire la suite

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Que se lixe a Troika !

Au cours de la manifestation contre les politiques d'austérité, à Lisbonne, le 2 mars 2013.

Au cours de la manifestation contre les politiques d’austérité, à Lisbonne, le 2 mars 2013.

Samedi 2 mars, Lisbonne. Comme un peu partout au Portugal, une marée humaine foule les pavés de la ville. En fond sonore, Grândola, vila morena, l’air avec lequel a commencé la Révolution des Œillets, le 25 avril 1974. Une foule de petites gens reprend les paroles : les plus jeunes avec hésitation, les plus âgés les larmes aux yeux. Un mélange de tristesse, de colère et de dignité. Puis un mot d’ordre : Que se lixe a Troika ! Que la Troïka aille se faire foutre !

Ils étaient plus d’un million à travers le Portugal, dont une bonne moitié à Lisbonne, dans un pays qui compte à peine plus de dix millions d’habitants. Une manifestation majeure, peut-être même la plus importante depuis la Révolution des Œillets. Mais le lendemain, quelques lignes à peine dans la presse française.

Je n’ai pas la prétention de remplacer à moi tout seul des médias alors occupés à essayer de deviner qui allait être fait pape. Mais voici quand même quelques images de la manifestation. On parle trop peu de la crise au Portugal, c’est donc une bonne raison pour s’y intéresser…

► Lire aussi :

Portugal : marée humaine contre l’austérité (Courrier international, 02/03/2013)

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Sur le chemin de l’école

Youssef Oudani, à proximité de son école, Casablanca, décembre 2012.

Youssef, à proximité de son école, Casablanca, décembre 2012.

« Il n’y a pas de futur sans école », répète toujours Ahmed, fier de rappeler que son fils est en sixième, et sans avoir redoublé ! Youssef est un petit bonhomme de onze ans, qui rêve de devenir docteur. Il vit à Casablanca, à proximité du marché Badr, dans un modeste appartement au sous-sol d’un immeuble, dont Ahmed est le gardien.

Ce reportage résulte d’une commande de Sipa Press pour l’Unesco, afin de témoigner des difficultés de nombreux enfants pour l’accès à l’école, qu’elles soient d’ordre physique ou culturel. A Casablanca, j’ai suivi Youssef, puis deux jumelles de la même école, à proximité du boulevard Zerktouni. Le sujet avec Youssef n’a finalement pas été retenu pour l’exposition et le livre Journeys to School, mais il est maintenant en ligne sur mon site.

L’aboutissement de ce travail relève un peu du miracle. Arrivé sur place, les difficultés se sont accumulées : quelques familles voyaient d’un mauvais œil la présence d’un photographe aux alentours de l’école, mon ordinateur a rendu l’âme, puis un objectif a déconné. En gros, trois jours de perdus, mais c’est aussi un aspect du métier : l’imprévu est une constante. Lire la suite

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« Fais-toi kidnapper ! »

Lors d'une projection à Visa pour l'image, septembre 2012.

Lors d’une projection à Visa pour l’image, septembre 2012.

Cela faisait plusieurs mois que je n’avais pas de nouvelles de Pierre Borghi, rencontré en septembre 2012 à Visa pour l’image, et qui après quelques années dans l’humanitaire se lançait dans la photographie. Je ne m’en étais pas étonné : c’est plutôt classique, dans ce métier, de se perdre de vue pour mieux se retrouver ensuite. Et tant qu’on ne voit pas la bouille des copains à la téloche, c’est qu’a priori tout va bien…

Puis, une nuit d’insomnie, le réflexe de jeter un œil aux news… et une belle claque à la lecture d’un article de RFI :

C’est à la fin du mois de novembre que Pierre Borghi, photographe indépendant, a été capturé en Afghanistan. Un pays qu’il connaissait pour y avoir travaillé pendant près d’un an pour une ONG française. C’est finalement après plus de quatre mois comme otage qu’il a « apparemment échappé à ses ravisseurs ».

Je nous revois déconner dans ce vieil appartement, à Perpignan, autour d’un thé, entre deux conversations sur les coins les plus pourris du monde ou sur ce qu’il convient d’avoir dans son runbag, ce petit sac de vingt litres à garder sous le coude, just in case, pour pouvoir partir en moins d’une minute… Lire la suite

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