Archives de Tag: Littérature

Sur le perron

Sur le perron de la cathédrale Santa Maria Maior de Lisbonne, juin 2013.

Cathédrale Santa Maria Maior de Lisbonne, juin 2013.

Sur le perron d’une cathédrale, j’ai attendu en vain la fin d’une pluie printanière. Le soleil n’est jamais venu, mais une demoiselle est arrivée et j’avais une photo… Hallelujah !

Puis j’ai cherché un peu d’inspiration pour écrire quelques lignes sur cette image. Je ne l’ai pas trouvée, mais je me suis souvenu d’une lecture plus intéressante que mes humeurs :

« L’animal n’a pas besoin de fables ni d’amulettes : il ignore sa propre ignorance. Tandis que l’esprit de l’homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l’instant plongé dans la nuit et dans l’épouvante ? Il se voit seul, abandonné, mortel, ignorant tout – unique animal sur terre “qui ne sait qu’une chose, c’est qu’il ne sait rien” – pas même ce qu’il est. Comment n’inventerait-il pas aussitôt des mythes : des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance ? » (Vercors, Les Animaux dénaturés)

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Le Tage

Sous le pont du 25 avril, Lisbonne, décembre 2012.

Sous le pont du 25 avril, Lisbonne, décembre 2012.

« Ce Tejo est un être vivant dans lequel sont venus s’incruster, par une sorte de commensalisme réciproque, d’autres êtres vivants. Il y a entre lui et eux un dialogue, une conversation faite de silences, une communication muette du sang avec le sang, qui n’ont pas su se traduire en chansons et en histoires communes peut-être, suppose-t-on, parce que le peuple des rives traite son fleuve avec une familiarité excessive.

Le fleuve passe, l’homme est là, et ce passage constant, cette continuelle présence ont fini, au bout d’un certain temps, par s’installer dans une relation de besoin mutuel, dont l’homme, aujourd’hui ou demain vaincu, finira toujours par sortir vainqueur, parce qu’il est le plus patient des deux.

Ce fleuve, qui courait et chantait au Portugal déjà avant qu’il y eût un Portugal, a façonné le visage d’une terre, il lui a donné la beauté sereine des horizons, la mélancolie caractéristique des espaces libres et plans. Ici nous l’appelons Tejo, fleuve et mot, route d’eau, chemin mouvant où les enfants du temps faisaient naviguer leur bateaux de liège, sur lequel les vieillards d’hier et d’aujourd’hui posent les yeux, pour reconnaître, dans le fleuve qui passe, les signes du passage de leur propre vie. Aucune géographie ne nous l’apprend, aucun enfant ne pourrait l’apprendre, mais il arrive toujours un moment où nous découvrons que la vraie place des fleuves est dans la mémoire. » (José Saramago, premier Portugais à avoir obtenu le prix Nobel de littérature, en 1998)

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Saudade

Rue de São Bento, Lisbonne, décembre 2012.

Rue de São Bento, Lisbonne, décembre 2012.

« Le Portugal est un pays où l’on est heureux, où je crois nous pourrions vivre agréablement. Il a pour lui le climat, les paysages, l’océan et aussi le climat moral d’un vieux et glorieux royaume européen avec de vastes colonies, un empire d’outre-mer. Comme la Hollande. En Europe, les petits États ont toujours été et seront toujours ceux où l’on vit le mieux. » (Valéry Larbaud)

Bref, j’ai découvert le Portugal cet automne, et j’en suis tombé amoureux. Je vous en reparlerai bientôt, en images…

Mais pour l’heure, un de mes coups de cœur, une plongée au début du XXe siècle : « Indiscutablement, les electricos sont vétustes, cahotants et ferraillants, mais sans ses tramways, Lisbonne perdrait son âme. Le réseau a été établi à partir de 1902, et c’est à se demander si certains trams, aux intérieurs de bois verni, ne remonteraient pas à ses origines… » (Jean-Noël Mouret, Le goût de Lisbonne)

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